Je ne sais pas pour vous mais si je devais croiser la plupart de mes contact Facebook je ne saurais pas quoi leur dire sauf peut être le fameux " ça fait longtemps" j'oubliais aussi le " tu deviens quoi ? "

Et encore je vous parle de ceux que j'arriverai à identifier en les apercevant au cours de mes sorties...

Pourtant on est tous fier d'avoir dépassé le cap des 100,200,300 amis...ou même des 1000 pour certains.

Cependant je ne suis pas sur que ces derniers contribuent à notre bien être, à moins de vouloir porter des oeillères, il est légitime de se poser la question concernant les méfaits de la popularité virtuelle et factice, celle qui ressemble à un bel emballage cadeau mais qui ne contient absolument rien qui ne pourra ne nous satisfaire...

CONQUÉRIR LES AUTRES 

La plupart d'entre nous, je parle des non mégalomanes avons cherché à être apprécié des autres, à devenir populaire et reconnu pour nos qualités sans vouloir non plus une popularité à la Elvis Presley.

Il y a quelques années nous pouvions nous contenter des gens que nous fréquentions régulièrement, alors que maintenant grâce à Facebook on ne peut plus se permettre d’être populaire, apprécié et même envié que par nos « réels amis ».

J'entends par là qu'il devient essentiel de conquérir des likes ou des «j'aime», de chercher sur internet les contenus les plus captivants à l'attention des juges et bourreaux que sont nos amis détenteur du fameux clic.

Celui qui dira ou non si ce qu'on vient de publier est «likable»

Si pour vous dépasser les 100 likes à le même goût qu'un verre d'eau fraîche en plein désert je suis au regret de vous annoncer que vous êtes dépendant à une forme de drogue relativement puissante.

CAS PRATIQUE

Vous revenez d'un concert exceptionnel de Tame Impala, ce groupe de musique connu mais sans l’être vraiment. A peine entrapercevez vous le soleil brillant à l'extérieur de la salle de concert que vous agrippez votre smartphone en invectivant Youtube de vos doigts décidés . En effet vous serez certainement le premier à avoir posté le fameux titre évènement « Feels like we only go backwards » que peu de gens connaissent.

Arrive le lendemain et les 2 seuls likes que vous obtenez sont celui de votre meilleur ami/e et d'un cousin éloigné. Vous vous dites que finalement peu de personnes apprécient ce groupe, jusqu'au moment ou vous découvrez qu'une amie d'enfance a posté la photo du menu B2 du restaurant japonais du coin représentant 8 sushis visiblement pas heureux d’être dans l'assiette. ..

Une certaine stupeur et une vive colère sont irrépressibles quand vous découvrez qu'un vulgaire plat saupoudré d'un #vivelethon font plus d'effet à certaines personnes qu'une sensationnelle expérience musicale...

SE CONQUÉRIR SOI MÊME

Je me posais la question pourquoi est-ce que les gens postent des photos de repas ou de leur plage de vacances ? Je me suis même demandé si les gens qui filmaient un feu d'artifice avec leurs smartphone au lieu de le regarder étaient sains d'esprit ?

Je me suis dit que ces personnes avaient besoin d'une certaine validation, d'une certaine reconnaissance. J'ai l'impression par exemple qu'apprécier un bain de mer dans les caraïbes ou une bouillabaisse sur le vieux port de Marseille avec ceux qui sont autour de nous n'est pas totalement satisfaisant.

Si nous ne recevons pas de gratification sur les réseaux sociaux le souvenir de ce délicieux repas que nous avons eu la semaine dernière aura un goût beaucoup plus amer que celui servi au restaurant...

Maintenant nous avons besoin de prouver aux autres et devons attendre que les autres approuvent.

A force d'admirer le prétendu bonheur des gens sur Facebook nous avons redoutablement peur de ne pas le connaître nous aussi.

En guise de réponse à nos contacts et surtout à nous même nous prenons l'habitude de poster le maximum de photos ou vidéos qui pourront obtenir des likes, des commentaires, voir même des démonstrations de jalousie.

Le cercle vicieux des réseaux sociaux nous fait à la fois peur et plaisir car nous devons sans cesse nous alimenter de l'admiration des autres sous peine de s'imaginer être quelqu'un de commun.

Je suis convaincu que revenir à une certaine forme de simplicité est essentielle.

Avec la perpétuelle volonté de vouloir montrer autres que notre vie est idyllique, nous retrouvons éternellement dépendant et ne savons plus ce qu'est la sensation d'apprécier le moment présent.

"La foule est une solitude"

Lyse Longpré